En quoi consiste ce biais ?
Cryptomnésie en bref
La cryptomnésie est un phénomène de mémoire où une personne ne reconnaît pas que ses idées ou souvenirs sont en réalité dérivés de sources externes. Ce biais peut se produire involontairement et conduire à des accusations de plagiat ou des erreurs d’attribution.
De quel type de biais fait-il parti ?
Biais mnésique
Qu'est-ce qui se joue au niveau de notre cerveau ?
Savoir de quoi se rappeler
Nous modifions et renforçons certains souvenirs après les faits
Les souvenirs ne sont pas figés mais réinterprétés à chaque remémoration, influencés par de nouvelles informations ou émotions. L’enjeu est de maintenir une mémoire fonctionnelle et adaptable, tout en évitant que ces révisions déforment excessivement la réalité passée.
Qui est impacté par ce biais ?
Utilisateur
L’utilisateur peut percevoir une interface, un concept ou un produit comme familier, sans savoir pourquoi. Cela peut jouer en faveur de la facilité d’adoption (effet de simple exposition), mais aussi générer du rejet s’il a une impression de « déjà-vu mal placé » (effet d’ennui ou de plagiat perçu).
Designer
Les designers doivent être conscients de ce biais pour éviter d’introduire des éléments similaires à ceux existants sans reconnaissance appropriée.
Commanditaire
Le commanditaire peut tomber dans le piège de la cryptomnésie en croyant avoir une idée novatrice alors qu’il la reprend d’ailleurs (pub, tendance, produit concurrent).
À l’inverse, Il peut aussi rejeter une proposition en disant : « Ça existe déjà ! », alors qu’en réalité il confond avec un souvenir inconscient.
Comment réduire l'impact de ce biais ?
Quelques précautions
Encourager la vérification des sources et l’auto-réflexion pour limiter les risques d’attribution incorrecte ou involontaire.
Quelles méthodes pour s'en prémunir ?
Recherche approfondie
Vérifier si une idée ou un concept existe déjà avant de l’utiliser ou de le présenter.
Benchmark et documentation des inspirations
Encourager les créatifs à tenir un registre de leur veille et des influences ou des inspirations pour éviter des confusions ultérieures.
À la découverte de ce biais
Découverte & mise en évidence
Ce concept a été étudié par Carl Jung, qui a exploré les façons dont les souvenirs inconscients influencent la pensée consciente, notamment dans les contextes créatifs.
Au quotidien
- Un cas célèbre ayant illustré la cryptomnésie est celui du poète Frank Miller, étudié par Jung. Miller avait écrit un poème qu’il pensait être une création originale. Or, il s’est avéré que des passages entiers ressemblaient à des œuvres préexistantes qu’il avait lues mais avait oubliées. Jung a utilisé cet exemple pour démontrer comment des impressions inconscientes pouvaient resurgir sous forme d’illusions de créativité spontanée.
- Un autre exemple souvent cité dans ce contexte est celui de Friedrich Nietzsche, qui, dans Ainsi parlait Zarathoustra, aurait incorporé inconsciemment des éléments d’un livre qu’il avait lu dans son enfance. Jung s’est intéressé à ces cas pour illustrer comment l’inconscient collectif et les souvenirs personnels pouvaient façonner nos pensées sans que nous nous en rendions compte.
- Un biais qui touche même les créatifs les plus expérimentés : des artistes comme George Harrison (The Beatles) ou même Pixar ont été accusés de plagiat à cause de la cryptomnésie.