En quoi consiste ce biais ?
Biais du survivant en bref
Le biais du survivant se manifeste lorsque l’on tire des conclusions en se basant uniquement sur les succès visibles ou disponibles, sans prendre en compte les échecs ou absents du processus. Cela conduit à des analyses incomplètes ou incorrectes, particulièrement dans les domaines des affaires, de l’histoire ou de l’ingénierie.
De quel type de biais fait-il parti ?
Biais de raisonnement
Qu'est-ce qui se joue au niveau de notre cerveau ?
Trouver du sens
Nous simplifions les probabilités et les nombres pour les rendre plus faciles et abordables à notre pensée
Traiter des probabilités complexes de manière simplifiée aide à prendre des décisions rapides et pratiques. L’enjeu est de trouver un équilibre entre simplification et précision pour éviter des erreurs de jugement importantes dans des contextes critiques.
Qui est impacté par ce biais ?
Utilisateur
Les utilisateurs peuvent tirer des conclusions erronées en se basant uniquement sur les cas visibles ou accessibles.
Designer
Les designers doivent inclure des perspectives complètes et éviter de ne présenter que les ‘succès’ visibles dans leurs analyses ou interfaces.
Commanditaire
Les commanditaires doivent veiller à intégrer une analyse complète, incluant les données non visibles ou manquantes, pour éviter de fausses conclusions.
Comment réduire l'impact de ce biais ?
Quelques précautions
Encourager l’analyse des données complètes, y compris celles qui ne sont pas immédiatement visibles.
Quelles méthodes pour s'en prémunir ?
Analyse des échecs
Inclure systématiquement les cas d’échec dans les analyses pour obtenir une vision globale.
Prise en compte des absences
Utiliser des méthodologies qui considèrent les données manquantes ou invisibles dans les modèles.
À la découverte de ce biais
Découverte & mise en évidence

Lors de la Seconde Guerre mondiale, Abraham Wald, un mathématicien, a été confronté à une question critique : où renforcer les bombardiers de la Royal Air Force pour minimiser les pertes dues aux tirs ennemis ?
En examinant les avions qui retournaient de mission, il remarqua que certaines zones des bombardiers étaient systématiquement plus endommagées. La réponse intuitive serait de renforcer ces zones, mais Wald prit une approche apriori contre-intuitive.
Il suggéra de renforcer les zones qui ne présentaient pas de dommages. Sa logique était que les avions atteints dans ces zones ne survivaient pas assez pour retourner à la base.
Ainsi, les zones non endommagées sur les avions revenants étaient en réalité celles qui, si touchées, étaient susceptibles de causer la perte de l’avion. Cette réflexion profonde sur le « biais du survivant » a mené à des changements stratégiques dans le renforcement des avions, contribuant potentiellement à sauver de nombreuses vies et avions durant le conflit.
Au quotidien
- Une entreprise décide d’adopter la stratégie de grandes startups prospères, sans analyser les milliers d’autres ayant échoué avec des stratégies similaires.
- Sur les réseaux sociaux, les utilisateurs voient généralement des histoires de succès ou des images de vie parfaite publiées par d’autres utilisateurs. Cela peut conduire à une perception que tout le monde vit une vie meilleure ou plus réussie, alors que les difficultés et échecs sont moins souvent partagés.
- Les investisseurs peuvent développer une vision faussée du marché en entendant parler uniquement des investisseurs qui ont réalisé d’énormes profits. Ces succès sont souvent largement publicisés, tandis que les nombreux cas où les investisseurs perdent de l’argent ne sont pas aussi visibles, ce qui peut amener à une perception erronée des risques réels.