En quoi consiste ce biais ?
Effet de bizarrerie en bref
L’effet de bizarrerie décrit comment des stimuli inhabituels ou distinctifs captent davantage l’attention et sont mieux mémorisés. Ce biais s’appuie sur le fait que les éléments inhabituels se démarquent dans un contexte ordinaire, facilitant leur mémorisation.
De quel type de biais fait-il parti ?
Biais attentionnels
Biais mnésique
Qu'est-ce qui se joue au niveau de notre cerveau ?
Trop d'informations à traiter
Les choses bizarres, drôles, visuellement frappantes ou anthropomorphiques sont plus saillantes que celles qui ne le sont pas
Notre attention est naturellement attirée par ce qui sort de l’ordinaire, une stratégie évolutive pour détecter les menaces ou opportunités. L’enjeu est d’exploiter cette sensibilité pour retenir des informations importantes tout en évitant la distraction excessive par des stimuli inutiles.
Qui est impacté par ce biais ?
Utilisateur
Les utilisateurs peuvent se souvenir plus facilement d’éléments ou de messages distinctifs dans une interface ou une campagne.
Designer
Les designers peuvent utiliser cet effet pour mettre en avant des informations clés ou attirer l’attention sur des éléments spécifiques.
Commanditaire
Les commanditaires peuvent concevoir des campagnes ou messages mémorables en utilisant des éléments surprenants ou inhabituels.
Comment réduire l'impact de ce biais ?
Quelques précautions
Utiliser des éléments distinctifs de manière stratégique pour capter l’attention sans provoquer de confusion ou de distraction.
Quelles méthodes pour s'en prémunir ?
Accentuation visuelle
Mettre en évidence les éléments importants à l’aide de designs distinctifs ou d’animations inhabituelles.
Originalité dans les contenus
Créer des messages ou visuels originaux qui se démarquent dans leur contexte tout en restant cohérents.
À la découverte de ce biais
Découverte & mise en évidence
Une étude menée par McDaniel et Einstein en 1986 est souvent citée à cet égard. Ils ont présenté aux participants des phrases soit banales soit bizarres. Les résultats ont montré que les phrases bizarres étaient effectivement mieux rappelées que les phrases communes, mettant en lumière l’impact direct de l’étrangeté sur la mémoire.
Depuis l’étude de 1986, diverses recherches ont tenté de reproduire l’effet de l’étrangeté avec des résultats variés, suggérant que l’efficacité de cette technique de mémorisation peut dépendre du contexte et du type de matériel utilisé.
Certaines études récentes suggèrent même que l’effet peut être moins prononcé que ce que McDaniel et Einstein avaient observé, surtout quand il s’agit de l’apprentissage de listes de mots en contexte éducatif, plutôt que de phrases isolées.
L’effet de l’étrangeté reste un sujet d’étude en psychologie cognitive, offrant des perspectives intéressantes sur la manière dont notre cerveau traite et retient les informations.
Au quotidien
Sur Internet, l’effet de l’étrangeté se manifeste souvent dans les mèmes. Les mèmes combinent souvent des images familières avec du texte incongru ou humoristique, ce qui les rend à la fois bizarres et mémorables.
Par exemple, le mème « This is fine », conçu par KC Green représentant un chien dans une pièce en feu, affirmant que tout va bien, utilise l’étrangeté de la situation pour marquer les esprits et illustrer des situations où quelqu’un est en déni face à une catastrophe évidente.
Ces éléments utilisent l’étrangeté pour capter l’attention et améliorer la rétention, exploitant notre tendance naturelle à noter et se souvenir de ce qui sort de l’ordinaire.
